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Comment optimiser l’impact de la coopération Sud-Sud ?

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Pecheurs à CubaLe gouvernement cubain collabore avec PNUD depuis 2005 pour mettre en place des centres de gestion des risques de catastrophe dans les Caraïbes. Photo: Carolina Azevedo/PNUD

Dans cette série, nos experts partagent leurs réflexions et leçons apprises sur le financement du développement, dans la perspective de la conférence de l'ONU à Addis-Abeba en juillet.

La coopération Sud-Sud (CSS) est actuellement  en plein essor. Comment tenir compte son potentiel pour le financement du développement tout en reconnaissant ses différences par rapport à d’autres formes de coopération « Nord-Sud » plus traditionnelles ?  

La CSS repose sur les échanges commerciaux, les investissements et  les transferts de technologie ainsi que sur l’assistance financière directe entre pays en développement. En 2013, le commerce de biens entre les pays du Sud était estimé à environ 5 trillions de dollars américains. De même, les subventions, prêts, allègements de dette et transferts de technologie entre les pays du Sud continuent de croître. Ces flux ne sont pas systématiquement signalés, et beaucoup ne sont pas directement quantifiables, notamment la somme des connaissances partagées ou des technologies transférées.

La CSS est également en train de se diversifier. Par exemple, alors qu’elle continue de privilégier les investissements dans les infrastructures (environ 55 % de ses activités), elle appuie également les secteurs sociaux, l’agriculture et la sécurité alimentaire et, de plus en plus, la protection sociale et l’énergie renouvelable. Tous ces éléments font partie intégrante du développement durable pour l’après-2015.

AU PNUD, notre travail dans ce domaine est fondé sur la reconnaissance du potentiel croissant de la CSS et de son impact positif sur le développement et la vie des personnes. Notre rôle consiste à négocier les échanges de connaissances, à faciliter les partenariats, et à renforcer les capacités des pays à participer.  

Nous avons notamment aidé l’Indonésie à partager son expérience du relèvement après désastre avec les Philippines, peu après le passage du typhon Haiyan. Nous avons également sponsorisé le transfert de connaissances entre Cuba et la Jamaïque en matière de réduction des risques. Pendant la crise liée à Ebola, notre partenariat avec le Gouvernement sud-africain a permis de fournir des autoclaves aux pays touchés par le virus pour qu’ils puissent se débarrasser en toute sécurité de leurs déchets médicaux.

La coopération triangulaire est également précieuse pour accroître l’impact de la coopération Sud-Sud sur le développement durable. De concert avec le Gouvernement chinois et avec l’appui du Danemark, nous avons ainsi œuvré  à la promotion de l’énergie renouvelable au Ghana et en Zambie.

Dans notre discours sur la coopération pour le développement, il est temps d’évoquer la CSS et ses caractéristiques intrinsèques. Il ne s’agit pas seulement de la « quantité » d’assistance financière fournie par les économies émergentes, mais aussi de la qualité  de connaissances et de technologies transférées entre tous les pays du Sud en vue de relever des défis communs.

Coopération Sud-Sud Efficacité de l'aide Financement du développement Campagnes pour les OMD Grace Wang Programme de développement pour l’après-2015

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