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Les villes, grandes gagnantes en 2015

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Katmandou après le tremblement de terreDharahara, Kathmandu après le tremblement de terre en avril 2015. Photo: Laxmi Prasad Ngakhusi /PNUD Népal

Après avoir été témoin de la fragilité de beaucoup de nos villes, je me félicite de ce que l’Objectif de développement durable 11 porte sur la résilience urbaine.

Les chiffres sont parlants : près de 54% de la population mondiale vit déjà dans des zones urbaines et cette proportion devrait frôler les 66% d’ici 2050. Mais cette croissance a son revers : une grande vulnérabilité. Villes et zones urbaines se trouvent tout particulièrement menacées tant par les risques liés aux catastrophes naturelles que par le changement climatique.

Mais elles ne sont pas les seules à nécessiter un soutien. Les petits lieux d’habitations situés sur une côte exposée, ou proches d’une faille sismique, sont tout aussi vulnérables. Rien que cette année, nous avons vu le Vanuatu lourdement sinistré par un cyclone, ainsi que le Népal anéanti par un double séisme. Dans le cas du Népal, je me suis rendu dans les zones rurales les plus touchées et ai vu un nombre incalculable de maisons de paysans, d’écoles de villages et d’autres infrastructures rurales effondrées.

Renforcer la capacité de résistance des villes favorisera parallèlement les efforts visant à éradiquer la pauvreté. L’exode rural des populations pauvres et marginalisées vers les villes est galopant, ce qui débouche sur pauvreté et inégalités. Près d’un tiers des citadins des pays en développement (quelque 863 millions d’habitants) vivent dans des bidonvilles et implantations sauvages.   

Cette urbanisation offre cependant l’opportunité de suivre une voie de développement équitable, inclusive, juste, et qui tienne compte des risques. À mesure que les villes s’étendent, nous pouvons faire en sorte que celles-ci mettent à profit leur extraordinaire marge de manœuvre financière, intellectuelle et culturelle, afin de s’assurer que les constructions existantes soient améliorées et que les nouvelles soient construites en minimisant les risques.

Pour conclure, à quoi le développement urbain durable devrait-il ressembler ? Idéalement, il devrait supposer que :

  • les autorités soient à même d’opérer leurs choix de développement urbain en fonction des risques climatiques et de catastrophes naturelles ;
  • la planification et la mise en œuvre soient rationalisées ;
  • les politiques, depuis l’occupation des sols à la production d’énergie, se fondent sur une vision durable et à long terme ;
  • les autres parties prenantes –  secteur privé et société civile – se penchent sur des mesures étayées en vue d’atténuer les risques ;
  • enfin, que l’urbanisme suive non seulement le rythme du développement urbain, mais anticipe aussi les divers dangers et vulnérabilités qui seront engendrés par l’explosion des populations urbaines.

Les ODD prennent appui sur le succès des OMD, en réajustant les efforts de façon à refléter le nouveau contexte international. En un sens, tous les processus de 2015 sont axés sur ce réajustement, et nous espérons que le résultat final sera un effort mieux rodé en faveur du développement durable.

Magdy Martínez-Solimán Réponse aux crises Agenda 2030 Urbanisation Croissance inclusive Réduction de la pauvreté et des inégalités Développement durable

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