L'initiative DX4Resilience utilise des solutions numériques pour améliorer la collecte et l'analyse de données aux Philippines, où les communautés se relèvent encore des impacts du typhon Haiyan survenu en 2013. Photo : PNUD Philippines

 

Florida Ere est mère célibataire de six enfants à Turkwel, dans le Turkana, au nord du Kenya. Elle pratique l’agriculture de subsistance, dont elle et sa famille dépendent pour se nourrir. Pourtant chaque année, Florida doit faire face à des risques naturels, tels que des inondations saisonnières, qui menacent ses moyens de subsistance, et mettent ainsi en péril sa prospérité.

Le cas de Florida est comparable à celui de 4 milliards de personnes dans le monde, dont la plupart vivent dans des pays en développement, qui au cours des 20 dernières années ont été touchées par des catastrophes liées au climat. Elle fait également partie des 1,3 milliard de personnes sur la planète qui dépendent de terres agricoles en voie de dégradation pour leur survie. De plus, comme beaucoup au Kenya, sa communauté risque de subir de manière disproportionnée les effets de la crise climatique.

Mais elle compte aussi parmi des millions de personnes dans le monde qui bénéficient de programmes de développement axés sur les risques (en anglais) et de systèmes d'alerte précoce et de préparation (en anglais). Dans de nombreux pays, le PNUD se tient à l'avant-garde de systèmes numériques destinés à améliorer l'accès aux données, afin de renforcer la résilience des communautés face aux chocs et aux crises, et leur permettre de mieux se préparer aux catastrophes.

La communauté de Florida a mis en place un système simple qui utilise des alertes radio et des drapeaux de signalisation pour avertir les agriculteurs de l'imminence d'un mauvais temps. Malgré son ingéniosité, cette approche se révèle souvent peu fiable : de nombreuses personnes ne reçoivent pas les alertes d'inondation en temps voulu. En collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l'environnement, le PNUD et le projet Climwarn ont créé un dispositif d'alerte qui se base sur la technologie pour surveiller les risques météorologiques, la vulnérabilité et d’autres dangers, et qui émet automatiquement des avertissements par SMS et courriel. La communauté est donc en mesure d’utiliser les données pour comprendre son propre risque systémique et bénéficie d’un système d'alerte précoce davantage sophistiqué et fiable. Nous nous efforçons d'imiter, d'étendre ce modèle à d'autres pays et de l'améliorer.

Un agriculteur kenyan inspecte sa récolte de théiers. De nombreux agriculteurs kenyans dépendent de terres agricoles en voie de dégradation et risquent d'être touchés de manière disproportionnée par la crise climatique. Photo : PNUD Kenya/Joyous Begisen

 

Un autre système bénéficiant du soutien du PNUD est le projet de préparation à l'urgence du barrage de Mossoul en Irak, qui protège actuellement plus de 5 millions de personnes le long du fleuve Tigre face au risque de rupture du barrage. La quantification du risque de catastrophe pour les personnes vivant dans le bassin du Tigre était un défi, mais le projet a pu numériser les données sur un seul système, permettant ainsi d'identifier beaucoup plus facilement les communautés les plus vulnérables aux catastrophes. Ces informations ont permis aux autorités de diffuser des messages plus précis d'alerte aux inondations. Les informations sont également utilisées au profit de politiques de développement local. Ce système intégré s'est avéré particulièrement efficace lors de l'apparition de la pandémie de COVID-19. Avec les données déjà en place, le système a pu être réorienté rapidement, simplement et à moindre coût pour envoyer des SMS à plus de 2 millions de populations géographiquement à risque.

En 2021, nous commémorons la Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophe en plein milieu d'une pandémie mondiale. La COVID-19 a révélé à la fois la nécessité pour l'ensemble de la société de se concentrer sur la réduction des risques de catastrophe et celle de pallier de nombreuses lacunes, notamment en termes de gouvernance. Il s'agit là d'un signe inquiétant, en particulier à la lumière de la crise climatique mondiale qui se profile, laquelle augmentera la fréquence et la gravité des risques naturels dans le monde entier et pourrait rendre obsolètes les stratégies actuelles.

En 2018, 108 millions de personnes ont nécessité une aide humanitaire à la suite de tempêtes, d'inondations, de sécheresses et de feux de forêt. La modélisation du changement climatique suggère que ce nombre augmentera de 50 % d'ici 2030. L'OMS affirme que d'ici 2030, le changement climatique pourrait causer 250 000 décès supplémentaires par an dus à la malnutrition, au paludisme, à la diarrhée et au stress lié à la chaleur. L'adoption de nouvelles technologies et d'une approche fondée sur le risque est essentielle pour avancer.

Le barrage de Mossoul est l'un des plus grands de la région. S'il venait à céder, plus de 500 000 vies pourraient être perdues. Le PNUD a aidé le gouvernement irakien à mettre en place un système d'alerte d'urgence pour prévenir les populations situées sur le trajet des inondations. Photo : PNUD Irak/Zubair Murshed

 

Je me réjouis du fait qu’avec le soutien du PNUD, de nombreux nouveaux programmes relèvent effectivement ce défi pour l’avenir et cherchent à accroître l'utilisation de la technologie numérique dans le travail quotidien. Un exemple de cela est l'initiative DX4Resilience, qui améliore la collecte et l'analyse des données sur les personnes les plus vulnérables grâce à des solutions numériques en Indonésie, au Népal, aux Philippines et au Sri Lanka, compte tenu des questions liées à l'accès, aux capacités et aux langues locales. Près de la moitié de la planète demeurant pas ou peu connectée et les groupes les plus vulnérables vivant dans des zones à haut risque, ce programme est destiné à s’assurer que les groupes vulnérables, affectés de manière disproportionnée par un manque de connexion, profitent des solutions développées. Nous avons besoin de plus de solutions comme celles-ci.

En cette Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes, rappelons-nous qu'au cours des deux dernières décennies, les catastrophes ont fait environ 1,23 million de victimes, soit une moyenne de 60 000 par an, et qu’elles ont coûté plus de 2 970 milliards de dollars en pertes économiques dans le monde entier. Les pertes assurées dues aux catastrophes naturelles ont atteint 42 milliards de dollars rien qu'au cours des six premiers mois de 2021, un record depuis dix ans.

Les catastrophes exacerbent la pauvreté et nuisent de manière disproportionnée aux plus pauvres. Nous avons besoin de toute urgence d'une meilleure coopération internationale pour que les pays en développement puissent réduire les risques de catastrophe qui pèsent sur eux, ainsi que davantage d'approches numériques pour améliorer le développement, l'alerte précoce et la préparation en fonction des risques.

 

Icon of SDG 13

PNUD Dans le monde