Dans le bassin du lac Tchad, les initiatives de type « argent contre travail » visent à stabiliser la région, afin que les personnes déplacées puissent retourner dans leurs communautés. Photo : PNUD Tchad / Jean Damascene Hakuzimana

 

De nombreux pays d'Afrique de l'Ouest et centrale se placent immanquablement en tête des indices mondiaux de fragilité. Aussi, comprendre l'interconnexion, l'impact et les opportunités que présentent les tendances climatiques et environnementales dans la région est devenu impératif pour notre survie collective.

Dotée d’immenses ressources naturelles et d'un capital humain croissant, la région peine pourtant à optimiser ces opportunités. Ceci est principalement dû à la récurrence des catastrophes naturelles et environnementales liées au changement climatique, ainsi qu'à l'insécurité, causée par la contestation politique et les déplacements de populations aussi bien entre les pays qu’à l’intérieur de leurs frontières.

Assombris par la pandémie de COVID-19, les dix-huit derniers mois ont révélé à quel point nous sommes inextricablement liés à la planète. Au cours de cette période, alors que l'humanité enregistrait un déclin des activités socio-économiques et de la mobilité, on observait aussi un pic de pollution attribuable aux déchets, exerçant une pression sur notre biodiversité et exacerbant la crise climatique. 

Du Sahel au bassin du Congo, nous avons constaté l’appauvrissement de foyers et de familles ayant subi des catastrophes telles que des inondations, des sécheresses et des éruptions volcaniques. Selon la Banque mondiale, la pandémie a plongé environ 23 millions de personnes dans la pauvreté.

Dans la seule région du Sahel, où vivent plus de 300 millions de personnes, l'augmentation prévue de la température de 3°C à 6°C est deux fois plus rapide que dans toute autre partie du monde. Cette augmentation va exacerber les sécheresses, contribuer à la baisse du débit des rivières, aux inondations, aux vagues de chaleur, aux invasions de criquets, aux pertes agricoles et aux crises alimentaires récurrentes.

Ces défis nous rappellent à quel point nos actions influencent le monde dans lequel nous vivons.

Mais l’espoir reste permis.

L'interaction entre les risques climatiques et environnementaux et les réalités socio-économiques et politiques des contextes fragiles justifie une approche systémique et multirisque qui mobilise tous nos atouts en Afrique de l'Ouest et centrale pour accélérer le développement durable.

Des efforts renouvelés sont déployés dans le cadre de la stratégie de mise en œuvre des Nations unies pour le Sahel afin de s'attaquer aux causes profondes des crises et du sous-développement dans la région à travers trois piliers – gouvernance, résilience et sécurité.

Grâce à des initiatives telles que le Projet pour la résilience dans le Sahel, nous tirons parti du mandat et du pouvoir des organisations régionales telles que l'Union africaine, la CEDEAO et les gouvernements nationaux de sept pays du Sahel pour renforcer la résilience des communautés face aux catastrophes et au changement climatique.

En soutenant les pays dans la mise en œuvre du Cadre de Sendai par une meilleure analyse des données sur les catastrophes et le climat et leur application dans la prise de décision, nous créons des voies de transition vers une trajectoire de développement tenant compte des risques. Il s'agit là d'un élément essentiel pour empêcher une nouvelle érosion des gains de développement durement acquis.

Notre soutien continu à la mise en place de systèmes d'alerte précoce multirisques en Afrique et dans les pays de la région montre l'importance d'une alerte adéquate pour une action rapide qui sauve des vies. 

Dans le bassin du lac Tchad, où les conflits et la fragilité de l'environnement rendent les communautés plus vulnérables au changement climatique, mettant en péril les moyens de subsistance et exacerbant la concurrence autour des rares ressources naturelles, le programme de stabilisation du PNUD a fourni à plus de 5 000 ménages un soutien aux moyens de subsistance en leur offrant un travail rémunéré. De tels efforts stimulent l'activité économique dans la région, permettant aux personnes déplacées de regagner leurs communautés. La construction et la réhabilitation de services de protection des forêts, d'écoles, d'hôpitaux, de maisons, de marchés, d'institutions judiciaires et de sécurité contribuent également à renforcer la résilience des communautés aux conflits et aux risques climatiques, conformément à la stratégie régionale de stabilisation, de relèvement et de résilience du bassin du lac Tchad. La Commission du bassin du lac Tchad s'engage quant à elle dans une réponse plus stratégique et à long terme pour améliorer la capacité hydraulique du lac en vue d'élargir l'accès à l'eau depuis les affluents et les bassins de rétention.

L’Afrique centrale possède un autre atout. Les forêts du bassin du Congo par exemple ont un potentiel d'atténuation du changement climatique très important. Elles concourent aux contributions déterminées au niveau national des pays dans le cadre de l'Accord de Paris. Ces forêts contiennent entre 25 et 30 milliards de tonnes de carbone dans leur végétation, soit environ quatre fois la quantité d’émissions anthropiques de CO2 actuellement déversées en un an à l’échelle mondiale. La protection de 1 % supplémentaire des forêts du Bassin du Congo permettrait de préserver 230 millions de tonnes de carbone, soit environ un tiers des émissions annuelles de gaz à effet de serre du Royaume-Uni.

Si nous sommes conscients des défis qui prévalent dans la région, nous reconnaissons également son potentiel. Grâce à une action collective et à des investissements stratégiques, la région de l'Afrique occidentale et centrale est prête à rayonner.

 

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