L'année 2020 a mis en évidence un autre rôle essentiel propre aux forêts dans le système naturel d'équilibre et de contrôle de la Terre : une épidémie sur trois de maladies nouvelles et émergentes est liée à la déforestation et à d'autres changements d'utilisation des terres. Photo : PNUD Arménie/Grant Sahakyan

 

Les forêts présentent une solution climatique naturelle de premier plan pour répondre à l'urgence climatique. L’initiative REDD+ et le programme UN-REDD Programme reposent sur le principe selon lequel en mettant un terme à la déforestation et en réhabilitant les forêts dégradées, celles-ci peuvent absorber environ un tiers du niveau de carbone devant être réduit pour éviter les conséquences les plus dramatiques des changements climatiques.   

L'année dernière, on a vu clairement l’autre rôle essentiel que jouent les forêts dans le système naturel d'équilibre de la Terre : sur l’ensemble des nouvelles flambées épidémiques, une sur trois est liée à la déforestation et à d'autres changements dans l’exploitation du sol. Parce qu’elles protègent les humains contre les nouvelles maladies comme la COVID-19, les forêts du monde entier agissent comme un bouclier. Comme nous l’avons tous appris aujourd’hui à nos dépens, le coût de la réduction de la déforestation pour empêcher la propagation de nouveaux agents pathogènes est nettement inférieur aux coûts économiques et en termes de décès entraînés par une crise.

Pour la première fois, une part importante de la population mondiale a été plus ou moins confinée au cours de l'année écoulée, avec pour conséquences de graves répercussions sociales et économiques dans le monde entier, des inégalités en constantes augmentation, ainsi que la mise en exergue des vulnérabilités des systèmes sociaux, politiques, économiques et naturels. Lorsque les filets de protection sociale en place ne suffisent pas à compenser les pertes de revenus du travail informel, les forêts et les écosystèmes sont des ressources immédiates exploitées pour les moyens de subsistance, ce qui entraîne une pression accrue sur ces forêts et écosystèmes et sur les personnes qui en dépendent.

Malgré les difficultés et les pertes de l'année écoulée, on peut espérer que les sociétés sortiront de la crise en 2021 avec un autre regard sur la nature, et en étant déterminées à assumer leur rôle collectif de gardiennes de la planète :  

Selon le Vote populaire pour le climat, la plus grande enquête mondiale jamais réalisée auprès de l'opinion publique sur les changements climatiques publiée en janvier 2021, préserver les forêts et les terres est la réponse politique aux changements climatiques la plus souvent préconisée. Et c’est dans les pays où il y a d’importantes émissions dues à la déforestation et à des changements dans l’exploitation du sol que l’on privilégie le plus souvent cette option, ce qui montre que les citoyens sont prêts à soutenir des politiques agressives pour préserver et réhabiliter les paysages forestiers.

Tout cela est encourageant. Cette année, un engagement plein et entier a été enregistré pour le programme pilote du Fonds vert pour le climat par lequel des fonds sont octroyés en fonction des résultats ; dans ce cadre, huit pays de premier plan participant à l’initiative REDD+ ont été récompensés et 500 millions de dollars US ont été accordés en récompense des 102,6 millions de tonnes d'émissions évitées par le biais des forêts et de l’exploitation du sol. Il s'agit d'une étape importante pour la viabilité de la REDD+ car cela démontre clairement les biens-faits du concept de la REDD+ mis en œuvre dans le cadre de la CCNUCC, tout en transmettant un message incitatif indispensable aux pays de l’initiative REDD+ et aux marchés de financement de la lutte contre les changements climatiques.

La mise en œuvre du mécanisme de fonds octroyés en fonction des résultats est d’actualité puisqu'une partie importante des fonds approuvés sont destinés à soutenir des services écosystémiques et des initiatives de foresterie sociale qui contribuent à améliorer les moyens de subsistance locaux via la conservation et l'utilisation durable des forêts. Ces programmes jouent un rôle important de soutien aux peuples autochtones et aux communautés locales qui pourraient sinon être laissés-pour-compte dans le processus de reconstruction des économies nationales après la crise de la COVID-19, ce qui soutient aussi la conservation des forêts en vue de réduire davantage les émissions.

Il est essentiel d’avoir des possibilités de réduction des émissions et de séquestration du carbone par les forêts pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris. Selon le GIEC, la réduction de la déforestation est considérée comme « l'une des options les plus efficaces et les plus solides pour atténuer les changements climatiques, ses effets pouvant largement atténuer les changements climatiques à l'échelle mondiale » (GIEC, 2019). Sur les 118 pays soutenus par la Promesse climatique du PNUD, plus de 50 d’entre eux prennent des mesures pour intégrer ou renforcer le rôle du secteur des forêts et de l'exploitation du sol dans leurs contributions déterminées au niveau national actualisées (NDC) avant la COP 26, reconnaissant ainsi le potentiel important que représente ce secteur pour accroître l’ambition générale en matière de climat.

Relever le défi de la crise climatique et de la reprise après COVID-19 ne peut se faire de manière isolée (situation dont nous avons tous eu plus qu'assez cette année !). Ce n'est qu'en travaillant ensemble, par le biais de partenariats innovants et d’envergure, mettant à profit les forces associées des gouvernements, de la société civile, des institutions des Nations Unies et du secteur privé, que nous pourrons mettre en place toutes les mesures et les financements nécessaires.

La Déclaration de New York sur les forêts regroupe 50 gouvernements, plus de 50 des plus grandes entreprises du monde et plus de 50 organisations influentes de la société civile et des populations autochtones, qui s'engagent à atteindre dix objectifs ambitieux en matière de protection et de réhabilitation des forêts, afin de mettre un terme à la déforestation d'ici à 2030. Cet engagement multipartite, s'il est respecté, permettra de réduire considérablement les émissions dues à la déforestation, de réhabiliter 350 millions d'hectares de forêts dégradées et de réduire de 4,5 à 8,8 milliards de tonnes la pollution au carbone chaque année.   

Face au défi historique que représente le relèvement socioéconomique après la pandémie, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, appelle les pays à « reconstruire en mieux ensemble » et à saisir cette occasion pour ne pas simplement relancer l'économie mondiale, mais aussi la transformer pour qu'elle soit plus durable, plus équitable et plus résiliente, afin que chacun puisse vivre dans la dignité sur une planète en bonne santé.  

Gardant cela à l’esprit, faisons de 2021 l'année de l'exploitation du plein potentiel des forêts - pour la planète et pour les populations qui la peuplent.

 

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