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Nous traversons des temps sans précédent. On parle souvent de 5 000 à 7 000 milliards de dollars par an lorsqu’on évoque les besoins en matière de développement durable. Toutefois, si la pandémie de COVID-19 est en train de redéfinir l’humanité d’une manière que nous n’avons pas encore cernée totalement, elle a à coup sûr aggravé la situation en créant des besoins supplémentaires dans de nombreux pays et entraîné par la même occasion la chute des investissements internationaux consacrés aux objectifs de développement durable (ODD) d’un tiers, ce qui fait planer un risque de grandes divergences dans le monde.

Le rapport sur le financement du développement durable (FSDR) 2021 du Groupe de réflexion interinstitutions sur le financement du développement prévient que la COVID-19 pourrait conduire à une décennie perdue pour le développement. Ce rapport recommande des mesures à prendre sans délai pour éviter cette éventualité et mettre en avant des solutions pour mobiliser les investissements dans les ressources humaines et dans les infrastructures afin de reconstruire en mieux.

La bonne nouvelle est que le secteur privé a conscience depuis longtemps de l’immense potentiel des opportunités d’investissement durable. Les investissements à impact à eux seuls ont augmenté de 17 % par an au cours des cinq dernières années. Les événements récents marquent des changements importants dans le paysage de l’investissement. La dynamique des investissements alignés sur les ODD s’est accélérée durant l’année écoulée. Les investisseurs confirment leur engagement à contribuer à la construction d’un monde plus résilient, en capitalisant le travail que nous observons ces 10 dernières années.

Alors, pourquoi le déficit de financement subsiste-t-il ? Pourquoi l’offre ne parvient-elle pas à satisfaire la demande ?

Les investisseurs nous ont fait part d’une difficulté majeure : ils n’ont pas la clarté de vue et ne disposent pas des informations et outils nécessaires pour aligner, mesurer, gérer et communiquer leurs contributions aux ODD d’une manière cohérente et transparente. Autrement dit, quelle que soit la sincérité de leurs intentions, les investisseurs sont confrontés à des défis qui limitent leur capacité à investir durablement.

Nous pensons que le PNUD ne peut pas se permettre de ne pas jouer un rôle moteur, car c’est à lui qu’incombe la responsabilité de réaliser les ODD.

Pour relever ce défi, à SDG Impact, nous avons rapidement mis au point deux produits concrets, innovants et transformateurs :

Des normes mondiales qui donnent des orientations concrètes aux entreprises, aux émetteurs d’obligations et aux investisseurs pour intégrer les considérations relatives à l’impact (économique, social et environnemental) à leur prise de décision et à leurs opérations quotidiennes afin de maximiser leur contribution positive au développement durable. En d’autres termes, nous proposons des normes visant à transformer la façon dont nous menons les activités et investissons pour réaliser les ODD.

La plateforme des investisseurs pour les ODD – que nous avons lancée ce jour en partenariat avec l’Alliance des investisseurs mondiaux pour le développement durable (GISD) établie par le Secrétaire général de l’ONU – où les investisseurs peuvent accéder aux informations commerciales nationales dont ils ont besoin pour prendre des décisions d’investissement alignées sur les ODD.

Nous sommes ravis et fiers de mettre cet outil innovant et unique à la disposition du marché.

Il est innovant en ce qu’il aidera les pays à débloquer des financements essentiels qui sont maintenant nécessaires pour construire en mieux au sortir de la pandémie de COVID-19.

Et unique en ce que, bien que les investisseurs sachent déjà repérer les opportunités hautement rentables et les risques qui vont avec, les cartes de la plateforme recensent pour eux les domaines d’impact et de durabilité qui, conjugués à un rendement élevé, peuvent changer la donne dans leur portefeuille.

Tout cela n’aura aucune importance si nous ne transformons pas l’information commerciale en action. Nous nous employons déjà énergiquement à y parvenir. Tirant parti des relations excellentes que nos bureaux de pays entretiennent au niveau national, nous organisons des rencontres avec des investisseurs et des entreprises pour faciliter l’impact ; nous travaillons avec de grandes banques au niveau national et nouons des partenariats ; et nous travaillons avec des investisseurs mondiaux et établissons des partenariats régionaux. Tous les acteurs concernés sont encouragés à utiliser nos produits et outils pour éclairer leurs décisions d’investissement et accélérer le déploiement de capitaux.

Mais rien ne peut se faire de manière isolée. Les problèmes sont d’une ampleur et d’une complexité qui dépassent ce qu’un secteur, quel qu’il soit, est en mesure de résoudre tout seul. La plateforme dédiée à ceux qui investissent pour les ODD est une étape importante dans notre travail de financement des ODD. Nous appelons à la collaboration et à une action collective auxquelles participeraient les investisseurs, le secteur privé, les donateurs, les institutions financières, les gouvernements, les organismes de développement, qui ont tous un rôle essentiel à jouer dans la réalisation des ODD.

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