Sept communicateurs traditionnels issus des tribus Wolof et Mandinka de Gambie apportent leur soutien aux femmes victimes de violences sexistes. Photo : © State of MIC Multimedia

 

Qui appeler à l'aide en cas de violation des droits fondamentaux ?

Dans de nombreux pays, le premier réflexe est sûrement de faire appel à la police ou à la justice. Mais dans certaines régions du monde, la situation est plus complexe. À titre d’exemple, comment demander de l'aide ou réparation lorsque l'État ou une société puissante est à l’origine de la violation des droits ? Ou lorsque la police ou les tribunaux ne sont pas équitables ou sont hors de fonctionnement ?

Que faire si vous ne disposez pas des moyens suffisants pour obtenir de l'aide ou si personne n'est en mesure de vous défendre dans le pays où vous résidez ?

Que faire encore si ces services sont inaccessibles, si vous ne parlez ni ne lisez la langue nationale du pays ?

Telle est la réalité de nombreuses personnes dans le monde. Et ces obstacles ne cessent d’être exacerbés en temps de crise.

Pour lutter contre ces défis, la communauté internationale dispose de mécanismes destinés à protéger les droits humains et à renforcer la responsabilité juridique. Les institutions nationales de défense des droits humains sont des organismes publics indépendants qui ont pour mandat de promouvoir et de protéger les droits humains. Bien que leurs rôles et responsabilités spécifiques varient, ces institutions ont pour point commun de surveiller l’évolution du respect des droits humains dans un pays donné. Pour la plupart, elles enquêtent sur les plaintes qu’elles reçoivent et partagent leurs préoccupations à la société et aux mécanismes publics et internationaux de défense des droits humains. La simple existence de ces institutions peut jouer un rôle crucial dans la responsabilisation des gouvernements. Une étude récente sur le rôle de ces institutions pendant la COVID-19 a dévoilé de nombreux exemples de la manière dont elles adressent les défis en matière de droit humains. Nombre d'entre elles ont tissé des liens plus étroits avec des décideurs et fourni des conseils essentiels aux gouvernements afin de garantir que les droits humains sont respectés, protégés et assurés. Ces institutions ont également travaillé avec la société civile pour fournir des informations essentielles aux personnes vivant dans des zones reculées et difficilement accessibles.

Les mécanismes internationaux de défense des droits humains sont également un moyen de faire respecter la Déclaration universelle des droits de l'homme. Le processus d'Examen périodique universel (EPU) du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies permet aux États de discuter des mesures prises pour faire progresser les droits humains et d’accepter les recommandations faites par les autres États membres pour améliorer la situation des droits humains au sein de leur pays. Le PNUD aide les gouvernements à rendre compte de la situation des droits humains dans leur pays lors du processus de l'Examen périodique universel et met en œuvre ses recommandations au sein même de ces pays. Les recommandations de l’EPU de 2016 ont permis au gouvernement thaïlandais, assisté du PNUD, d’adhérer aux Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, soit un cadre d’action considéré comme la norme internationale la plus efficace en matière de conduite responsable des entreprises pour prévenir et remédier aux risques de violation des droits humains.

Les mécanismes de responsabilité pris en charge au niveau national avec le soutien de la communauté internationale peuvent également être un moyen efficace de rendre justice, en particulier en cas de violations flagrantes et systémiques des droits humains. En 2020, avec le soutien du PNUD et de la MINUSCA, les tribunaux de la République centrafricaine ont déclaré cinq dirigeants anti-balaka coupables de plusieurs accusations de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre.

Les défenseurs des droits humains jouent également un rôle essentiel. Ils veillent à ce que les personnes au pouvoir soient tenues responsables, notamment en témoignant en cas de violations et en faisant pression sur les gouvernements. Leur rôle clé a pu être constaté en 2020 lors des différentes manifestations en ligne et dans la rue contre le racisme systémique, le changement climatique et la violence sexiste, ainsi que lors d’actions de soutien aux syndicats, souvent au détriment des restrictions imposées par la COVID-19. Bien que leurs objectifs spécifiques varient, ces manifestations peuvent être considérées comme faisant partie d'un mouvement mondial pour la justice et contre l'inégalité, l'oppression et l'impunité.  

Cela se produit alors même que les défenseurs des droits humains sont la cible de menaces fréquentes, sous forme d’intimidations et de représailles. En 2019, l’organisation de défense des droits humains Front Line Defenders a recensé la mort de 304 activistes. En travaillant de concert, les institutions nationales et défenseurs de droits humains ainsi que la société civile peuvent plaider en faveur de protections juridiques, de systèmes de signalement des violations et d'une sensibilisation aux dangers auxquels les défenseurs des droits humains sont confrontés.

Au cours des dix dernières années, le respect des principes démocratiques a continuellement et significativement décliné. L’année 2020 a pris le relais avec la pandémie de COVID-19, dont les effets ont rendu plus visibles et ont exacerbé les défis liés à la responsabilité juridique en matière de violations des droits humains. Afin de répondre à ces défis profondément enracinés, alors que nous nous relevons de la pandémie de COVID-19 et que nous entrons dans une décennie charnière pour atteindre les objectifs de développement à l’horizon 2030, nous devons renforcer les mécanismes de responsabilisation à tous les niveaux, pour faire face aux injustices du présent et protéger les droits des générations futures.

Icon of SDG 10 Icon of SDG 16

PNUD Dans le monde