Photo : PNUD Bénin

 

Avant que la 26ème conférence des Parties (COP26) ne se tienne à Glasgow en novembre dernier, la rencontre était considérée par de nombreux observateurs comme notre dernière chance de faire face à la crise climatique.

Presque tous les pays du monde ont pris des engagements lors de ce grand événement. 120 chefs d'État et de gouvernement se sont rendus sur place. Plus de 39 000 participants, médias compris, se sont inscrits selon la liste provisoire de participants établie par la CCNUCC (en anglais). Les négociateurs de près de 200 pays ont travaillé sans relâche pour parvenir à un consensus sur des questions complexes allant des subventions aux combustibles fossiles et des marchés du carbone à la finance pour le climat et à la transparence. Parallèlement, des représentants de la société civile, des ONG, des jeunes et des entreprises se sont ralliés pour participer aux discussions. Malgré les défis persistants liés à la COVID-19, il s'est agi d'un événement véritablement mondial.

Sans surprise, et du fait sans doute des attentes élevées, le résultat a été mitigé et la conférence s’est vu décrire comme une « victoire fragile », avec un Pacte climatique de Glasgow qui préserve pour le moment l’objectif mondial de 1,5 °C.

Beaucoup ont été profondément déçus, mais il est important de se souvenir et de se concentrer sur les mesures cruciales et progressives qui ont été prises.

Nous avons désormais à disposition une gamme de solutions pour tenter de freiner le réchauffement de la planète et de stabiliser le climat. Finalement, l’équation est simple : nous devons veiller à ne pas émettre dans notre atmosphère plus de gaz à effet de serre qu'il n'est possible d'en absorber.

Objectif zéro émission nette

Nous savons depuis un certain temps que le temps nous est compté pour résoudre cette équation. En 2015, l’Accord de Paris parle précisément de cette nécessité, engageant dans son article 4 les parties à atteindre « un équilibre entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions par les puits de gaz à effet de serre au cours de la deuxième moitié du siècle » – haussant, en d'autres termes, la neutralité carbone comme objectif.

Depuis Paris, la dynamique s'est accélérée. Fin 2019, seuls 67 pays s’étaient engagés à atteindre zéro émission nette, soit la neutralité carbone. Désormais, 136 pays ont franchi le cap, parmi lesquels des centaines de villes et d'entreprises.

Un certain nombre de pays grands émetteurs ont officiellement amorcé ce changement. Dans l'une des annonces les plus remarquables de la COP26, l'Inde a fait part de son intention de parvenir à la neutralité carbone d'ici 2070. La Chine, également l'un des pays en développement les plus peuplés du monde, s'est déjà engagée à atteindre la neutralité carbone d'ici 2060. La Turquie prévoit d'atteindre des zéro émission nette d'ici 2053. D'autres grands émetteurs, comme l'Union européenne (en anglais), le Brésil et les États-Unis, ont formalisé leur engagement à atteindre des objectifs d’émissions zéro d'ici à 2050.

Ces engagements sont encourageants. Toutefois, nous devons également garder à l'esprit que la manière dont les pays vont parvenir à les honorer est une toute autre chose.

Des voies différentes, une même destination

Pour atteindre l'objectif « zéro émission nette », il est essentiel de penser et d'agir dans une perspective à la fois de court et de long terme. Les pays doivent donc passer à l'action dès maintenant, tout en gardant à l'esprit l'objectif à long terme de neutralité carbone d'ici le milieu du siècle.

​En ce qui concerne la fixation des objectifs à long terme, les gouvernements adoptent des approches différentes.

L’une d’elles, déjà adoptée par de nombreux grands émetteurs, consiste en ce que le gouvernement national annonce des plans pour atteindre l’objectif de zéro émission nette à une date précise. Cela peut prendre la forme d'une annonce publique du dirigeant du pays, suivie de l'élaboration et de la publication d'un document politique officiel, tel qu'une stratégie de développement à long terme à faible taux d'émission.

Les objectifs (une année et un objectif de réduction des émissions spécifiquement définis) étant fixés à un niveau politique élevé, le secteur privé et d'autres groupes commencent à planifier leur transition. Les entreprises adaptent à leur tour leurs propres stratégies et investissent dans des technologies propres et des approches respectueuses du climat, tandis que les autorités infranationales peuvent planifier au niveau local. Entre-temps, la société civile peut également plaider en faveur d'une action plus ambitieuse.

L'inconvénient de cette approche est qu'au moment où l'annonce est faite, il n'y a souvent pas d'activités ni d'étapes claires permettant de mesurer les progrès accomplis, de sorte qu'elle peut être considérée comme un moyen de reporter l'action. En effet, nous avons en réalité besoin de changement beaucoup plus rapides.

Une autre approche veut que le gouvernement travaille avec les parties prenantes pour analyser ses politiques et ses ressources, prévoir le développement de son pays dans différentes conditions, puis parvenir à un chiffre à long terme pour ses émissions futures, qui se reflète dans sa stratégie à long terme.

Selon cette approche, adoptée par la Macédoine du Nord et l'Ukraine (en anglais), les chiffres finaux de l'engagement climatique à long terme figurant dans leur stratégie à long terme peuvent sembler moins audacieux qu'un objectif global de « zéro émission nette d'ici 2050 ». Mais ils sont peut-être aussi plus réalistes, car ils sont représentatifs des résultats d'un large débat impliquant tous les participants au processus. En outre, les objectifs climatiques ont tendance à évoluer avec le temps.

Par ailleurs, certains pays fixent leurs objectifs secteur par secteur, se rapprochant progressivement de la neutralité carbone à l'échelle de l'économie. Prenons, par exemple, le petit État insulaire en développement du Pacifique, la Papouasie-Nouvelle-Guinée. En 2014, le pays a présenté sa politique nationale de gestion du développement compatible avec le climat, avec l’objectif de devenir neutre en carbone d'ici 2050. Dans sa deuxième contribution déterminée au niveau national (CDN), soumise en décembre 2020, le pays s'est engagé à atteindre la neutralité carbone dans le sous-secteur de l'énergie d'ici 2030. Il est logique de penser que d'autres secteurs y seront inclus à leur tour.

Ce n’est que le début

Quelle que soit la stratégie adoptée par le gouvernement, ces engagements initiaux ne sont que le début du parcours vers zéro émission nette. Les pays doivent également établir un lien entre les objectifs et les activités climatiques à long et à court terme – les grands objectifs doivent être décomposés en actions spécifiques et reflétés dans des plans tels que les CDN. En outre, grâce à des examens périodiques, les pays doivent avancer progressivement leurs objectifs à long terme, afin d'atteindre le niveau net zéro le plus rapidement possible.

Finalement, nous assisterons à un renforcement des ambitions à mesure que les technologies se démocratisent, que des mécanismes de coopération bilatéraux et internationaux sont établis et que les parties prenantes s'engagent plus activement.

Alors que les pays intensifient leurs actions en vue de la COP27 en Égypte, l'un des principaux domaines à surveiller est celui des ambitions nettes zéro. Espérons simplement que nous agirons à temps.

 

La Promesse climatique du PNUD aide 120 pays – dont 40 pays les moins avancés, 28 petits États insulaires en développement et 14 grands émetteurs – à renforcer leurs Contributions Déterminées au niveau National dans le cadre de l'Accord de Paris, y compris les efforts pour atteindre le niveau zéro émission nette et le développement de stratégies à long terme. En collaboration avec une grande nombre de partenaires pour sa mise en œuvre, il s'agit de la plus grande offre de soutien au monde pour le renforcement des promesses climatiques. En savoir plus.

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