Le PNUD a joué un rôle de premier ordre dans le nouveau cycle des CDN dans le cadre de sa Promesse climatique, lancée en 2019. 120 pays en développement et 35 partenaires font partie de l'initiative. Photo : PNUD Cambodge

 

New York, le 28 octobre 2021 – Les pays vulnérables se mobilisent face à la lenteur de la réponse de certains des plus grands émetteurs face à la crise climatique. Un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) publié ce jour, à quelques jours de l’ouverture des prochaines négociations climatiques de la COP26, révèle que 93 % des pays les moins avancés (PMA) et des petits États insulaires en développement (PEID) ont soumis des engagements climatiques nationaux renforcés ou prévoient de le faire, alors que près de la moitié des pays du G20 n'adhèrent pas encore aux principes fondamentaux de l'Accord de Paris et rechignent à relever leur ambition climatique.

Composé des pays collectivement responsables de plus des trois quarts des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), le G20 a un rôle significatif à jouer dans la lutte contre la crise climatique. Pourtant, le rapport du PNUD montre que trois pays du G20 venaient de soumettre leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) de deuxième génération il y a quelques jours, outrepassant la date limite du 12 octobre 2021 pour l'inclusion dans l'analyse de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) destinée à informer les négociations sur le climat qui débuteront à Glasgow très prochainement.

De plus, sur les 18 CDN qui ont été soumises par les membres du G20, nombre d'entre eux sont fortement tributaires d'objectifs à long terme et manquent toujours d'une ambition significative à court terme, pourtant nécessaire pour aider à prévenir l'augmentation inquiétante de la trajectoire mondiale des émissions actuelles de GES.

Le rapport du PNUD, intitulé L’État de l’ambition climatique (en anglais, The State of Climate Ambition), est unique en ce sens qu'il fournit une évaluation globale à la fois des promesses déjà soumises à la CCNUCC, et des intentions d'ambition des pays qui prévoient encore de le faire. Le nouveau rapport compare également les tendances actuelles à celles qui ont été évaluées dans le premier rapport sur les perspectives mondiales concernant les CDN (en anglais, NDC Global Outlook), paru en 2019.

Le rapport montre que les pays vulnérables, où vivent souvent les personnes les plus pauvres du monde et les plus susceptibles d’être affectées par la crise climatique, demeurent des précurseurs en matière d'ambition climatique, loin devant les pays riches.

Au 12 octobre 2021, les intentions d'ambition des PMA et des PEID avaient considérablement augmenté, 93 % d’entre eux ayant soumis des CDN renforcées, ou prévoyant de le faire, (contre 42 % en 2019). Si l'on considère uniquement les intentions de réduction des émissions de GES, 86 % des PMA et des PEID ont l'intention d'accroître leur ambition en matière d'atténuation (contre 40 % en 2019). Toutefois, le rapport souligne que ce groupe de 78 pays n'est responsable que de 7 % des émissions mondiales de GES.

« Ces chiffres démontrent que de nombreux pays en développement à travers le monde ouvrent la voie à une action décisive en faveur du climat », a déclaré Achim Steiner, Administrateur du PNUD. « La COP26 doit être le moment où toutes les nations relèvent le défi du changement climatique, en particulier les pays fortement émetteurs. Alors que la fenêtre pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5° C se rétrécit, c'est notre seule voie pour assurer l'avenir des peuples et de la planète ».

Dans l'ensemble, le rapport contient quelques nouvelles encourageantes. Par exemple, il montre que le mécanisme de révision par étapes de l'Accord de Paris fonctionne, puisque la plupart des pays ont respecté ce principe clé consistant à réviser avant de soumettre des CDN de plus en plus ambitieuses tous les cinq ans. Au total, 178 pays, représentant 79,3 % des émissions mondiales de GES, prévoient de soumettre des CDN améliorées, contre 75 pays seulement en 2019. Parmi eux, 160 pays ont renforcé leurs objectifs d'atténuation.

Parmi les autres conclusions positives du rapport figure l'approche inclusive adoptée par une grande majorité de gouvernements pour actualiser leurs engagements nationaux en matière de climat. Le nombre de pays, grands et petits, qui donnent la priorité à l'action climatique et à l'engagement citoyen n'a jamais été aussi élevé, ce qui est particulièrement impressionnant à la lumière des défis liés à la pandémie de COVID-19.

Le rapport note également une hausse depuis 2019 du nombre de pays qui préparent et soumettent des stratégies à long terme pour atteindre zéro émissions nettes d'ici le milieu du siècle. Ces engagements pourraient aider à atteindre les objectifs de l'Accord de Paris, mais nécessitent des stratégies solides et crédibles et un meilleur alignement avec les CDN, prévient le rapport.

« Le rapport du PNUD sur les perspectives mondiales concernant les CDN offre un point de vue légèrement plus optimiste. Il reconnaît que les pays améliorent leurs contributions déterminées au niveau national, que nos ambitions collectives en matière de climat sont en hausse. Le rapport reconnaît également les lacunes, notamment en matière de financement et des engagements des pays les plus riches, ce pourquoi il y a lieu de faire preuve d'un optimisme prudent », a déclaré M. Abdulla Shahid, Président de l'Assemblée générale des Nations Unies.

Le PNUD a joué un rôle de premier ordre dans le nouveau cycle des CDN dans le cadre de sa Promesse climatique, lancée en 2019. 120 pays en développement et 35 partenaires font partie de cette initiative, qui est désormais la plus grande offre de soutien aux pays sur les CDN. Le PNUD prépare actuellement une nouvelle phase de l'initiative axée sur la mise en œuvre des CDN.

« Le prochain volet de la Promesse climatique du PNUD – ‘De la promesse à l'impact’ – portera sur l’intensification du soutien fourni aux pays par le PNUD, en les aidant à transformer leurs objectifs en actions concrètes, audacieuses et ambitieuses. Cela signifie qu'il faudra établir des liens plus étroits entre les CDN, les plans de développement durable et les voies crédibles de réduction à zéro », a ajouté Achim Steiner.

Le rapport présente les initiatives prometteuses de dix pays qui ont été soutenus dans le cadre de la Promesse climatique, notamment :

·       La stratégie financière du Chili, visant à réaliser les transformations nécessaires dans tous les secteurs impliqués dans la réalisation de son objectif ambitieux dans le cadre de sa CDN, qui est d’atteindre un plafonnement de ses émissions en 2025 et la neutralité carbone en 2050.

·       L'Irak, un émetteur important qui s’est engagé dans le processus de ratification de l'Accord de Paris, a déjà renforcé son ambition (en augmentant son objectif de réduction des émissions conditionnel et inconditionnel) en adoptant une approche inclusive et globale pour l’ensemble de la société et au plus haut niveau politique.

·       Le deuxième engagement national de la Macédoine du Nord est le plus ambitieux de la région d'Europe orientale et d'Asie centrale, puisqu'il prévoit une réduction de 82 % des émissions de GES par rapport aux niveaux de 1990. Le secteur privé national s'est engagé à fournir la majorité (85 %) des investissements totaux nécessaires pour atteindre les objectifs d'atténuation de la CDN dans le secteur industriel.

·       Les forêts couvrant 78 % de la superficie totale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, ce secteur joue un rôle important dans les plans climatiques du pays. La reconnaissance de la nature et des forêts a augmenté de façon spectaculaire, passant de 35 références dans la première CDN à 173 dans la seconde. Le gouvernement vise également à atteindre la neutralité carbone dans le sous-secteur des industries énergétiques d'ici 2030.

·       Le Zimbabwe a réalisé une évaluation des emplois verts pour mesurer les impacts économiques et sociaux des politiques climatiques proposées dans sa CDN. Il a constaté que les investissements dans l'agriculture de conservation pouvaient créer jusqu'à 30 000 emplois pour chaque million de dollars investi. Cela a permis de justifier économiquement la décision du Zimbabwe d'augmenter son objectif d'atténuation à une réduction de 40 % pour l'ensemble de son économie selon sa CDN de deuxième génération.

Consulter le rapport (en anglais) : http://climatepromise.undp.org/state-of-climate-ambition

Contact presse : mehmet.erdogan@undp.org

Note aux rédacteurs : L'Arabie saoudite a soumis une mise à jour de sa CDN le 25 octobre 2021 et a également annoncé un objectif zéro émission nette pour 2060.

Le PNUD est le principal organisme des Nations Unies qui lutte contre l'injustice de la pauvreté, les inégalités et le changement climatique. Travaillant avec un vaste réseau d'experts et de partenaires dans 170 pays, nous aidons les pays à développer des solutions intégrées et durables pour les personnes et la planète.

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