Le paludisme, une des principales causes de décès en Zambie

Une femme reçoit une moustiquaire en Zambie
Une vaste campagne de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide bénéficie à 8,2 millions de personnes. Photo: Moses Zangar / PNUD en Zambie

Joséphine Shaba, 30 ans, a l’expérience des conséquences économiques du paludisme dans son village reculé de Chipungu, dans l’Est de la Zambie.

« Lorsque j’ai un accès de paludisme, je ne peux ni m’occuper de mes cultures ni des animaux. Quand  on est trop malade, on ne peut pas s’occuper des semences et on ne peut donc pas récolter suffisamment de nourriture », affirme-t-elle.

A retenir

  • Une vaste campagne de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide bénéficie à 8,2 millions de personnes.
  • Le but du projet est de réduire l’incidence du paludisme de 75% et de réduire le taux de mortalité de la maladie de 20 % d’ici à 2015
  • Le pays a reçu à ce jour 750 millions de dollars US du Fonds mondial. Le PNUD fait parvenir ces fonds par l’intermédiaire du Ministère de la santé

Pour pouvoir financer son traitement et celui de ses enfants, Joséphine doit vendre une partie de son cheptel ou de ses  récoltes,  qui suffisent à peine aux besoins alimentaires de la famille.

Le paludisme est endémique dans le village de Joséphine, et la maladie continue de poser un grave problème de santé dans tout le pays. Une étude menée par les systèmes de santé nationaux montre que le paludisme représente actuellement près de 4 millions de cas cliniquement diagnostiqués par an dans le pays, 36% des hospitalisations et près de 20% de la mortalité chez les femmes enceintes.

Pour lutter contre ce fléau, le gouvernement zambien a lancé une vaste campagne de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide dans tout le pays qui bénéficieront à 8,2 millions de personnes.

Dans le cadre de cette action de 4 mois démarrée en juin 2014, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et le PNUD ont contribué à l’achat et à la distribution de  4,8 millions de moustiquaires dans six des 10 provinces du pays. Trois institutions des Nations Unies - le PAM, le PNUD et l’UNICEF - ont œuvré en collaboration avec le gouvernement zambien pour assurer le succès du projet, dont l’objectif est de réduire l’incidence du paludisme de 75 pour cent, et de réduire le taux de mortalité de la maladie de 20 pour cent d’ici à 2015.

« En Afrique, le paludisme est une maladie mortelle. Ma grand-mère en est morte. Notre foyer compte 14 personnes et pour nous, ces moustiquaires sont indispensables », dit Benjamin Satenda, bénéficiaire de l’initiative à Mufumbwe, dans la province du Nord-Ouest.

C’est sur la santé des jeunes enfants que l’effet des moustiquaires a été le plus important. Pratiquement toutes les familles ont confirmé que la santé de leurs enfants s’était considérablement améliorée une fois la nuit passée sous ces moustiquaires. La plupart des parents ont également noté que les moustiquaires avait permis à leurs enfants d’être plus présents à l’école.

« Je pense que tout le monde dort sous les moustiquaires car il y a moins de personnes souffrant de paludisme aujourd’hui qu’il n’y en avait avant la distribution de moustiquaires » indique Precious Malungo, technologue de la santé environnementale au dispensaire de Chipungu.  « Ces dernières années, l’incidence du paludisme dans notre village s’élevait à 100 pour cent », dit-t-elle.

Pour préparer la distribution de moustiquaires, des volontaires communautaires ont donné des séances d’informations aux bénéficiaires sur les symptômes, le traitement et la prévention du paludisme, en s’attachant à l’utilisation appropriée et à l’entretien des moustiquaires. Cette composante éducative comprenait aussi de l’information en matière de drainage,  remplissage et élimination des zones de reproduction (mares, eau stagnantes) des moustiques porteurs de la maladie.

« Bien que le paludisme soit un problème majeur pour la santé publique et le développement en Zambie, il y a de réelles possibilités d’intensifier les interventions pour lutter contre cette maladie, de renforcer les systèmes, et d’agir substantiellement pour faire reculer le paludisme dans le pays », affirme Viola Morgan, Directrice du bureau du PNUD dans le pays.

Depuis que le gouvernement zambien s’est lancé dans la lutte contre le paludisme, le  pays semble être en bonne voie pour réduire l’incidence de la maladie. La prévalence du paludisme chez les enfants de moins de cinq ans est passée de 16,1% en 2010 à 14,3% en 2012 et, au dernier recensement en 2012, environ 70% des Zambiens possédaient une moustiquaire.

« Mes enfants, mon mari et moi avons eu un accès de paludisme deux fois en un mois au début de l’année. Mais nous n’avons pas été malades depuis que nous dormons sous ces moustiquaires, » dit Joséphine.

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