Un avenir politique pour les femmes en Algérie

femmes parlementaires en Algérie
Avec une proportion de 31% de femmes à l’Assemblée Nationale, l’Algérie occupe la 26ème place mondiale et la 1è place dans le monde arabe. Photo K Meyer-Seipp/PNUD Algérie

Yasmina est juriste de formation mais, après son mariage, il lui a fallu beaucoup de courage pour sortir de son statut de femme au foyer et se lancer dans la vie politique.

Issue d’un village de la Wilaya (province) de Djelfa,  à plusieurs centaines de km d’Alger, elle a réalisé que se faire élire et participer à la vie politique était un véritable défi pour les femmes de son pays.  Dans la plupart des villages algériens, la politique est réservée aux hommes : « Sortir tous les matins pour aller travailler et ensuite se présenter pour les élections locales était comme un affront aux gens de mon village. Il était très difficile au départ pour moi et pour ma famille de tenir tête.  »

À retenir

  • En 2012, les femmes algériennes occupaient 31% des sièges parlementaires, ce qui place le pays à la 26ème place mondiale et à la 1è place dans le monde arabe
  • Le nombre de femmes élues au niveau local demeure cependant plus faible (18%)
  • Près de 300 femmes élues dans 5 provinces pilotes ont bénéficié de formations fournies par des expertes internationales
  • Une extension du projet est en cours pour 5 autres provinces du pays

Si les réformes politiques de 2012, soutenues par le PNUD, ont permis de mettre en place un cadre légal accordant aux femmes 30% de représentation dans les assemblées élues, ce taux n’atteint que 18 % au niveau local, ce qui s’explique par la difficulté de trouver au niveau des communes des candidates désireuses de figurer sur les listes.

Pour résoudre ce problème, le PNUD a lancé en 2013 un programme d’appui à la participation politique effective et durable des femmes dans les assemblées élues, qui a abouti en juin 2015 au lancement d’un Forum de parlementaires algériennes.

Depuis 2015 également, le PNUD travaille en collaboration avec le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales à renforcer les capacités et les connaissances des femmes élues sur la démocratie participative, le travail avec la société civile et les modes de gestion de service public. Le but est de renforcer leur participation aux institutions politiques et gouvernementales et ainsi les intégrer activement au processus de prise de décision. Ce projet cible non seulement les femmes élues au niveau local mais aussi des femmes parlementaires nouvellement élues.

Dans les 5 Wilayas ciblées, près de 300 femmes ont ainsi bénéficié de formations dispensées par des expertes internationales : Mme Isabelle Durant, ancienne vice-présidente du Parlement Européen, ancienne Ministre et actuellement parlementaire en Belgique ; Mme Ana Santos Esteban, Professeur en Droit à l’Université, Experte en Gouvernance locale et Droit Humain,  Mme Nogareda Moreno, Professeur en Relations Internationales et experte en formation dans les domaines de la Communication Publique.

 « Je fais 150 km à l’aller et 150 km au retour tous les jours pour assister aux formations » dit Yasmina. « c’est une véritable aubaine pour celles issues de communes éloignées de bénéficier de formations de cette qualité et de ce niveau. »

Yasmina ajoute que ces formations lui ont permis de mieux comprendre en quoi consistait son travail, et l’ont fortement motivé à se représenter pour les prochaines élections.

« A travers ces échanges avec les formatrices, j’ai compris l’importance d’avoir des femmes qui participent aux processus de prises de décisions et l’impact que cela aura sur la condition de la femme en Algérie dans le futur, ».

Financé par la Norvège, le Canada et les Pays-Bas, le projet est en cours d’extension pour 5 autres provinces du pays. Au-delà de l’augmentation du nombre de représentantes au Parlement (avec une proportion de femmes à l’Assemblée Nationale de 31%, l’Algérie occupe déjà la 26ème place mondiale et la 1è place dans le monde arabe ), le Programme vise à appuyer le rôle et l’impact des représentantes élues pour aboutir à  Parlement plus sensible au genre, renforcer l’influence des femmes sur l’agenda politique et assurer un impact sur la législation et le droit des femmes.

« Quel chemin parcouru depuis le jour où j’ai décidé de sortir de chez moi pour aller travailler et suis devenue la première femme élue de ma commune » dit Yasmina.  Dans son village, elle est devenue l’exemple à suivre pour beaucoup de jeunes filles, qui viennent lui demander des conseils de carrière.

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